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dimanche 4 octobre 2015

Scène de vie quotidienne : l'acheminement de marchandises par cargo

Lors de notre passage sur Huahine, nous assistons à l'arrivée du Taporo, un des cargos qui fait la liaison entre quelques îles de l'archipel de la Société (Tahiti, Huahine, Tahaa, Raiatea et Bora Bora). Cela nous rappelle forcement de beaux souvenirs de notre périple en cargo.

L'arrivée du cargo
Nous voulions vous faire partager ce quotidien que des milliers de personnes vivent régulièrement. Tout arrive par bateau : nourriture, essence, bouteille de gaz, matériaux de construction, véhicule, machine à laver ... bref tout ce qui ne se trouve pas sur l'île. Bien évidemment à chaque fois que le bateau accoste, c'est le même rituel : ceux qui attendent leur commande sont là sur le quai. Il faut le voir pour le croire et surtout imaginer la patience qu'il faut pour bénéficier de ce dont on a besoin. Surtout qu'en métropole nous avons l'habitude de tout avoir en un claquement de doigts (ou presque) où tout est disponible immédiatement.

En Polynésie française, les porte-conteneurs qui traversent le globe n'arrivent qu'à Tahiti, à Papeete (c'est comme ça que toutes nos affaires sont arrivées ici). Toutefois les plus gros des bateaux ne peuvent venir ici et vont à Auckland directement (Nouvelle-Zélande) où les conteneurs seront par la suite réembarqués sur des bateaux plus petits pour Tahiti. Une fois enfin acheminés sur Papeete, ils sont reconditionnés et partent ensuite vers les archipels selon les besoins. Sacrée logistique !

Déchargement du fret
Nous en profitons pour regarder le va et viens des marchandises pendant que le soleil, lui, se couche en silence sur l'horizon.


samedi 3 octobre 2015

Huahine : l'île sauvage ou jardin d'Eden (2ème partie)

Nous profitons de notre séjour sur Huahine pour aller à la rencontre d'un producteur de vanille. L'odeur enivrante de la vanille éveille tous nos sens. Nous prenons une fois de plus conscience de la difficulté à obtenir une seule gousse après plusieurs années de labeur en partant de rien du tout. Travail fastidieux cela explique le coût de la vanille. 


Pour rappel : la vanille est une fleur, une orchidée. La pollinisation de cette dernière est faite à la main et deviendra une gousse 8 mois plus tard, s'en suit ensuite 6 mois de séchage. Bien évidement elle ne ressemble en rien à celle que l'on trouve en métropole qui sont plus sèche, ridée et fine. Ici tout le contraire. Le petit producteur nous donne ses astuces pour conserver au mieux la gousse qui peut se garder jusqu'à 20 ans (dans un pot hermétique entière ou l'autre possibilité, les couper en morceaux avec dans le fond du rhum brun ou du sucre).

Nous profitons également de l'abondance des fruits/légumes présents sur cette île pour vous (re)présenter quelques-uns.

La papaye :

L'arbre produisant le fruit, la papaye est appelé "papayier". Pour la petite histoire, c'est l'arbre mâle qui produit le fruit, l'arbre femelle, lui ne produit que des fleurs. En règle générale, il y a un pied femelle pour trois pieds mâles. Il existe plusieurs variétés ce qui explique les différentes formes du fruit sur les photos ci-dessus.

La banane :

Qui ne connaît pas la banane ? L'ensemble de ces fruits est appelé un régime de bananes. Comme vous pouvez le voir sur ces photos en dessous des fruits, on distingue une fleur. Si celle-ci n'est pas présente alors quelqu'un s'est approprié l'arbre et cela même s'il est en bordure de route. Si la fleur n'est pas coupée comme c'est le cas ici, vous pouvez tout à fait vous approprier le régime.

Le noni, nono ou pomme-chien :

L'arbre, le fruit et les racines sont utilisés en Polynésie comme remède médicinal depuis plusieurs siècles afin de stimuler le système immunitaire et combattre certaines infections (champignons, virus, bactéries. Le fruit bien que infect est consommé principalement en jus, mais il peut être découpé et frotté à même la peau.

Le uru :

Le uru (prononcé "ourou" en roulant un peu le r) provient de l'arbre à pain. C'est en quelque sorte l'équivalent de la pomme de terre en beaucoup plus consistant (frite de uru, gratin ou même de la farine de uru).

La mangue :

La mangue est le fruit le plus répandu au monde, c'est d'ailleurs un des fruits qui contient le plus de vitamine.

Il y a encore un tas de fruits, de légumes et de fleurs à vous faire découvrir, cela donnera lieu à un autre article un peu plus tard.

vendredi 2 octobre 2015

Huahine : l'île sauvage ou jardin d'Eden (1ère partie)

Après une nuit sur Raiatea, nous partons à la découverte de Huahine. 10 minutes de vol suffisent à relier ces deux îles. Quelques nuages apparaissent sur le sommet des montagnes mais rien de menaçant.

Huahine s'appelait dans les temps anciens Matairea, qui signifie "peu de vent", est surement l'île qui symbolise le mieux les traditions et les valeurs de la Polynésie. Son nom actuel dont la traduction correspond à "corail brisé" est lié à la légende du dieu Hiro qui aurait coupé l'île en deux avec sa pirogue.

Située à 175 km au nord-ouest de Tahiti, l'île se compose en effet de deux îles séparées par un isthme : Huahine Nui (nui : grand) au nord et Huahine Iti au sud (iti : petit). Un pont permet de relier les deux.

Vue satellite de Huahine. Source : Google Earth
Huahine dispose de plusieurs surnoms : secrète, authentique, sauvage, femme, jardin d'Eden...Tant d'adjectifs bien charmeurs pour la qualifier. Et pour cause, nous nous rendons compte au fil des kilomètres que le surnom de Huahine, de jardin d'Eden en t'autre, lui va à merveille. Nous n'avions jamais rien vu de tel. Nous qui pensions que rien ne pouvait égaler la densité de la végétation tropicale de Raiatea et Tahaa, eh bien si, Huahine surpasse tout !


Nous nous retrouvons entourés de forêts tropicales : bananiers à foison, papayers, cocotiers, châtaigniers, une variété d'acacia, de uru et toutes autres variétés d'arbres d'un vert éclatant, ce qui change des routes côtières.


Ces dernières révèlent une fois de plus un lagon aux mille nuances de bleus avec des voiliers de différents pavillons du Pacifique. La côte est aussi fidèle à l'île : sauvage. Parfois, les vagues viennent lécher le littoral marquer par des récifs, à d'autre moments, ce sont des paysages de "carte postale", des palmiers avec un sable clair et doux où nous déjeunerons les pieds dans l'eau (ou presque). Le contraste et la diversité des paysages qui font le charme de Huahine.



Parfois le long du rivage des marae dans des champs de cocotiers. Ces lieux de culte sont très présent sur l'île et de ce fait c'est une belle destination pour les amateurs de cultures anciennes.


L'habitat est globalement assez regroupé même si quelques maisons se trouvent isolées si et là. Ce type d'urbanisme a permis à l'île de garder son authenticité et une atmosphère très paisible. 

Au nord-est de l'île, un tout petit village appelé Maeva. Ce bourg se situe en bordure de la plus grande des deux lagunes de l'île. Ici on y trouve des pièges à poissons en pierre vieux de cinq siècles. Encore un héritage d'un savoir-faire ancestral qui est encore utilisé de nos jours. Ces pièges appartiennent à l'ensemble de la communauté de Maeva. Chacun est libre d'aller chercher son poisson s'il en a besoin. Dans cette même commune, on y trouve de nombreux marae et d'autres petits vestiges archéologiques sont concentrés sur quelques kilomètres de rivages.


Un peu plus au sud, nous faisons un arrêt à Faie, où l'on trouve de gigantesques anguilles aux yeux bleus. Elles sont énormes (1,50 m à 2 m) et il faut l'avouer ça n'est pas particulièrement attirant...Mais il s'agit d'un animal sacré.


Enfin, nous terminons notre promenade par Fare, principe bourgade de Huahine très animée. Les vendeuses de fruits s'alignent le long de la principale rue. La petite ville de 1400 habitants dispose de tous les commerces nécessaires : banques, office des postes (très beau bâtiment d'ailleurs), deux stations essences et qui sont les seules de l'île situées à moins de 50 mètres l'une de l'autre, boutiques de souvenirs. C'est sur le port à proximité du quai de débarquement et en centre-ville qu'une pierre orne une place : Hawaiki Nui Va'a. Il s'agit d'une course de pirogue polynésienne qui a lieu chaque année début novembre et qui dure 3 jours, entre Huahine, Raiatea, Taha'a et Bora-Bora. C'est l'un des événements sportifs le plus attendu ici, plus d'une centaine de pirogues se lancent dans cette course et un nombre impressionnant de bateaux suiveurs.

Partout dans l'île le transport commun est le truck, c'est-à-dire le bus traditionnel local. Ils servent aux transports scolaires et aux touristes arrivant par les bateaux de croisière.


Concernant la scolarité, celle-ci s'arrête au collège, après il faut rejoindre Raiatea ou Tahiti. L'expatriation lorsque l'on est natif d'une île se fait déjà très tôt et le manque de travail sur ces îles impliquent le non-retour des jeunes diplômés sur leurs îles natales. Ces derniers vont sur Tahiti, en métropole ou à l'étranger.