samedi 15 juillet 2017

Paul Gauguin et Jacques Brel aux Marquises

Comme nous vous le disions précédemment, les deux artistes (peintre et chanteur) sont venues vivre à Hiva Oa. Nous n'allons pas retracer tout leurs parcours, toutefois, nous allons vous apporter quelques petites précisions sur leur vie ici.

Deux espaces leurs sont dédiés à Hiva Oa : le centre culturel Paul Gauguin et l'espace Jacques Brel.

Le premier centre, regroupe des éléments culturels liés à la mémoire polynésienne telle que le percevait Paul Gauguin. L'ensemble de ces œuvres présentés sont en réalité des reproductions qui ont été réalisé entre 1995 et 2003 par trois personnes. En outre, de nombreuses explications chronologiques expliquent la vie du peintre et ses pièces notables réalisé lors de son passage aux Marquises.




A quelques mètres de là, "la maison du jouir", (telle qu'il surnomma sa cabane pour provoqué l’évêque - lire ci après) a été reconstituée à l'identique (l'intérieur est vide).




























L'histoire et les déboires de la vie de Paul Gauguin sont longs. Nous vous invitons à lire son parcours pour bien cerner l'artiste. Il s'installe à Tahiti en avril 1891 en espérant réconcilier sa vie et son oeuvre. Mais la désillusion est rapide, ce qu'il cherchait n'existe plus. Rattrapé par la misère et craignant d'être oublié, il repart pour l'Europe pour y vendre ses toiles. Ecoeuré par de nombreuses désillusions (échec financier, perte d'un procès) il part de nouveau en 1895 pour Tahiti, qu'il trouve tout de même trop occidentalisé. Il finit par s'installer en 1901 à Hiva Oa. Bien qu’affaiblit par l'alcool et la toxicomanie il défend les habitants contre la toute puissance de l'administration coloniale et de l'Eglise. Malgré tout il peint 29 tableaux en 21 mois. Il meurt miséreux, drogué et poursuivi en mai 1903. Il repose au cimetière du Calvaire.

A 50 mètres de l'espace consacré à Paul Gauguin, on trouve l'espace Jacques Brel qui est en réalité un grand hangar (où il faisait une chaleur étouffante lors de notre passage !) où des chansons passent en boucle. On y trouve l'avion de Brel, restauré en 2003, "Jojo" un beechcraft qu'il a utilisé pour aider la population (évacuation sanitaire). 







Étouffé par la pression médiatique, il a quitté l'Europe à bord de son voilier l'Askoy avec sa compagne Madly pour faire un tour du monde. Ils débarquèrent à Hiva Oa en novembre 1975. Il fut séduit pas l'atmosphère paisible de l'île, ils s'y installèrent. En 1977, il vint faire un cours séjour à Paris où il enregistra un dernier album : "Jojo", "Vieillir", "Jaurès"... Il repose aujourd'hui au cimetière du calvaire à proximité de Paul Gauguin.


mercredi 12 juillet 2017

Hiva Oa, terre élue de deux artistes

Hiva Oa, rien que par son nom, beaucoup connaissent déjà cette île. Elle a fasciné tant de monde et continue toujours d'attirer des plaisanciers du monde entier à la recherche d'un temps qui semble se figer, de montagnes sculptées par la nature, d’alizés venant se briser sur les côtes rocheuses... D'ailleurs, Jacques Brel disait "le temps s'immobilise aux Marquises". En effet, c'est ici qu'il vécut les dernières années de sa vie "dans ces îles où la solitude est totale, j'ai trouvé une sorte de paix", disait-il. Outre le grand Jacques, le peintre Paul Gaugin avait des années avant lui aussi succomber au charme envoûtant des Marquises et de Hiva Oa. Lui aussi fut enterré à Hiva Oa. Nous reviendrons sur ces deux articles dans un autre article.

L'aéroport de Hiva Oa - "Jacques Brel"
2200 personnes vivent sur l'île. La grande majorité des habitants vivent à Atuona, le principal bourge et le reste dans des petits hameaux qui rassemblent parfois moins de 50 habitants où le temps semble s'arrêter lorsque l'on y passe. Un silence relaxant...Seul le bruit des vagues et des coqs en bruit de fond. Rien ne semble affecter la vie de ses îliens. Ils vivent en toute quiétude de la pêche à la langouste, de la récolte du coprah (la noix de coco). Ils chassent comme il est de coutume ici, le cochon sauvage (c'est un beau mélange entre un cochon et un sanglier) ou la chèvre, qui sont deux plats typiquement marquisiens !

Atuona, où nous logions durant notre séjour, est le bourg principal situé dans l'immense baie Taaoa, longue plage de sable noir où les rouleaux viennent s'y frapper en permanence. La grande majorité des commerces et services sont implantés ici même si cela reste tout de même très réduit. Le bourg est également situé au pied du mont Temetiu (1276 m) qui n'a jamais réellement montré son sommet : les nuages restaient inlassablement accrochés !





L'île est régulièrement relié par différents bateau depuis Tahiti en denrées alimentaires et autres.


La culture polynésienne mais surtout marquisienne est aussi très présente à Hiva Oa : les croyances, les forces spirituelles (le mana), les légendes, les tatouages, les sculptures en pierre et en bois (les tiki, les instruments de musiques...), la langue marquisienne aussi qui se distingue du tahitien... Les personnes rencontrées ont été très avares de raconter leurs traditions, leur mode de vie. Ils partagent et donnent afin de transmettre leur savoir faire, savoir être et savoir vivre. Ici, il est de coutume d'apprendre aux garçons à chasser le cochon sauvage dès leur plus jeune age ... mais sans armes à feu, cela se fait au couteau. Une fois le cochon sauvage mort, on remercie les dieux par un chant et une danse. Le respect de leur tradition c'est sans doute cela qui rend cette culture marquisienne si forte !



Hiva Oa est une des îles les plus fertile des Marquises : banians, manguiers, papayers. Les sites archéologiques y sont nombreux souvent entouré d'une danse végétation. C'est l'occasion de balade à pied...enfin, lorsque la météo le permet ! En effet, les sols étant détrempés par l'eau il était souvent impossible d'accéder à certains sites ... 

Nous avons tout de même pu nous rendre sur le site archéologique de Iipona. C'est un meae, un sanctuaire religieux, sur deux hectares. Le site a été entièrement rénovée en 1991 par une équipe d'archéologue français. Relativement bien conservés les "tiki" ont été mis sous "abris" afin de les protéger le plus possible des intempéries. Le plus massif (voir photo ci-après) est Takaii (2,67 m). Il porte le nom d'un chef guerrier réputé pour sa force.



Nous avons par ailleurs effectué une randonnée avec des chevaux, car les Marquises se visitent également énormément de cette manière, on dira même c'est incontournable ! Il s'agit de chevaux chiliens qui avaient été amené par les conquistadors : petits mais très résistants. 




La vue depuis l'endroit où nous logions ...


vendredi 7 juillet 2017

Escale à Ua Puka

Après notre départ de Ua Pou, nous avons fait une escale de quelques minutes à Ua Puka avant de rejoindre Hiva Oa ...



Vue du ciel l'île a l'air sauvage, avec une végétation rase ... et nous a immédiatement fait penser à l'Ile de Pâques ! Dommage que nous ne faisons qu'une halte de quelques minutes, elle nous aurait sans aucun doute bien plu !

samedi 1 juillet 2017

Ua Pou : l'île sauvage aux douze pitons

Se rendre aux Marquises est déjà une formidable expérience (et chance, nous vous l'accordons), mais aller sur l'île de Ua Pou l'est sans aucun doute encore plus ! Depuis Tahiti, il n'est pas possible de s'y rendre directement sans passer par Hiva Oa ou Nuku Hiva, deux autres îles de l'archipel des Marquises. Seul un Twin-Otter, "un coucou" de 18 places est utilisé pour se rendre sur l'île de 2200 habitants. Nous savions que nous allions prendre un petit avion ... mais une fois que nous nous sommes posés à Nuku Hiva et qu'on le voit, là devant nous, nous ne sommes pas très rassurés (et d'ailleurs on se demande bien comment peuvent tenir 18 personnes dedans !).


L'arrivée sur Ua Pou à bord de ce petit avion est ... impressionnante. Imaginez : une piste très courte, qui monte et qui tourne (oui, oui, sinon il n'y aurait rien d'impressionnant !), enserré de montagnes devant et sur le côté et donc seule une approche par l'océan est possible pour l’atterrissage (et donc le décollage se fait également avec l'océan face à nous ...). Quant au décollage, l'avion dévale la piste, une pente de 10% en direction de la mer pour s'envoler, on croirait presque plonger dans l'océan !. Ajoutez à tout ce beau mélange, du vent ... vous obtenez un petit avion secoué dans tous les sens qui ne doit pas louper son atterrissage ni son frainage... Donc l'adjectif "impressionnant" pour qualifier l'arrivée et le départ de cette île n'est pas une exagération.


Depuis plusieurs mois, l'archipel connaît des bouleversements météorologiques avec notamment des précipitations très impressionnantes et quasi quotidienne. L'île qui d'ordinaire est très caillouteuse, avec une végétation très rase, voire même "grillé", ne l'est pas ! Nous sommes étonnés de voir l'île si verdoyante !

Ua Pou est connu pour ces 12 pitons rocheux en basalte pointus appelés necks. L'île porte ainsi très bien son nom puisqu'il signifie "les piliers" Ce sont des vestiges des montées de laves visqueuses et qui à l'inverse des coulées liquides résistent d'avantage à l'érosion. C'est l'occasion de s'y balader, de randonner et de s'enfoncer dans les terres, notamment via le chemin de traversière qui offre de splendides panoramas (ce que nous n'avons pas manqué de faire tous les cinq !).





Le principal village de l'île est Hakahau située dans une magnifique baie où de nombreux plaisanciers faisant le tour du monde viennent mouiller. C'est ici que sont majoritairement regroupées les 2173 habitants de Ua Pou qui vivent essentiellement de la pêche et de l'artisanat (les sculptures sur bois et sur pierre y sont très renommées).



La totalité des routes de l'île sont en réalité des pistes. Elles offrent par moment de splendides point de vue sur le littoral où quelques petites plage de sable blanc apparaissent ci et là. Toutefois, il faut se méfier (ici, comme sur les autres îles des Marquises) des nonos, présents majoritairement sur les plages. Il s'agit de minuscules mouches qui piquent et qui vous laissent de belles plaques rouge pendant quelques jours (et des cicatrices si vous grattez !). Seul le produit anti-moustique va éviter les piqûres et si toutefois vous êtes piqués, l'huile de tamanu (petite noix) est radicale : elle soulage instantanément les démangeaisons. A noter par ailleurs que cette huile est aussi très utilisée si l'on a des cicatrices ou brûlures, par contre l'odeur est moins séduisante que le monoï...



NB : En raison de modifications des vols, nous n'avons pas pu rester autant de temps que nous l'avions prévu sur l'île et donc nous n'avons pas pu la visiter dans son intégralité, notamment toute la partie sud de l'île qui regorge pourtant de trésors.

jeudi 29 juin 2017

L'Archipel des Marquises

L'Archipel des Marquises ... rien que le nom est évocateur de grand voyage et de vaste océan traversé par des voiliers. 

C'est l'archipel le plus éloigné de tout continent, isolé par des milliers de kilomètres au milieu du Pacifique sud. Les 13 îles qui constituent l'archipel sont situés en moyenne à 1500 kilomètres au nord-est de Tahiti dont elles dépendent. Elles connaissent 30 minutes de décalage horaire en plus par rapport à la capitale qu'est Papeete. 

Source : https://www.airtahiti.pf/polynesie-par-archipel?tabIndex=4
L'Archipel est construit de la même manière que les autres qui composent la Polynésie française : un chapelet d'anciens volcans suivant un axe sud-est, nord-ouest. Le déplacement sur plusieurs milliers d'années de point chaud au fond de l'océan. A certains endroits le magma perce la couche terrestre et donne naissance à un volcan sous-marin puis aérien au fil du temps. Ici pas de lagon ou de récifs barrières.

Les Marquises ont été découvertes en 1791 par l'américain Ingraham puis la même année par le français Marchand. Au fil des années se sont succédé : des baleiniers, des marchands, des missionnaires à la recherche du précieux bois de santal présent sur ces terres. Courant 19ème siècle, une vague de mortalité dévastatrice liée aux maladies, alcool et armes à feu apportés par ses voyageurs, le tout associé a des périodes de sécheresse a bien failli faire disparaître les autochtones. On ne contait alors plus qu'une centaine d'habitants sur l'île de Nuku Hiva (l'île principale de l'archipel) qui aurait eu selon certaines estimations jusqu'à 30000 habitants. 

Six de ces îles sont aujourd'hui habités mais seules quatre d'entre elles disposent d'une piste desservie par la compagnie locale, Air Tahiti. Là-bas, on apprend à vivre autrement et simplement. Sur certaines îles, pas de pharmacie, les évacuations sanitaires vers Tahiti sont fréquentes. Ici comme sur beaucoup d'autres îles, dès 10 ans les enfants doivent s'expatrier sur des îles plus grandes afin de poursuivre leur scolarité... Le lycée se fera obligatoirement sur Papeete, en internat.

Pour le peuple marquisien, ses îles sont "Te Henua Enana", c'est-à-dire la Terre des Hommes. James Cook disait de ses habitants qu'ils étaient le peuple le plus beau qu'il ait pu voir. En vérité, les îles Marquises sont célèbres par la culture de leur peuple, sa langue, ses traditions, son artisanat, ses tatouages, son art culinaire mais aussi grâce à la beauté sauvage et spectaculaire de leurs paysages...

samedi 3 juin 2017

Programme de notre périple à venir ...

A l'occasion de la nouvelle venue de la famille de Rémi sur la Polynésie française, nous en profitons pour voyager nous aussi avec notre petite Hinatea, "bébé voyageur" qui en est déjà a son troisième gros voyage à moins d'un an ! Quelles îles allons nous faire ?


Au programme de nos vacances nous allons explorer quelques îles de l'Archipel des Marquises, la Terre des Hommes, bien connu depuis la métropole grâce à Jacques Brel qui y a vécu ses dernières années de vie :
  • Ua Pou,
  • Hiva Oa,
  • Nuku Hiva
Nous retournons sur Tahiti une nuit puis la suite de notre voyage prendra la direction de l'Archipel des Australes. L'archipel le plus au sud de la Polynésie française. Nous visiterons pendant plusieurs jours à cette occasion l'île de :
  • Raivavae,
Enfin, bien évidemment, nous sommes déjà retournés à Moorea et nous referons un tour sur Tahiti !

Un bien joli programme en perspective qui réserve de beau article ! 

A très vite !



mercredi 31 mai 2017

Famille de nouveau réunie !

Après les parents de Marie, voilà que Hinatea a fait la rencontre avec ses autres grands-parents, les parents de Rémi qui viennent en Polynésie pour la seconde fois. Après quelques petites péripéties, 17000 kilomètres parcourus et beaucoup d'heures de vol (et de train) la famille est de nouveau réunie depuis quelques jours. 

Dès le lendemain de leurs arrivées nous sommes parti passer le weekend à Moorea.






Au programme : balade dans la forêt humide mais surtout détente dans le lagon ... avec une météo un peu capricieuse, fine pluie et soleil en même temps.


Une petite Hinatea qui adore le lagon et le sable ... mais un peu moins la bouée !