mercredi 15 octobre 2014

Raiatea - Randonnée à la journée : le plateau de Temehani

Le plateau de Temehani est un domaine privé. Il est situé sur la chaîne montagneuse du centre de l'île. Il a été classé en aire protégée depuis mars 2010, mais c'est depuis 2005 que son accès est soumis à autorisation. C'est un des sites emblématiques de l'île et vous comprendrez plus tard pourquoi. (Carte a venir pour vous situer le plateau sur l'île).

C'est donc accompagné d'un guide que nous avons décidé d'entreprendre cette randonnée à la journée, reconnue comme une des plus belles des îles sous le vent. Départ à 8h30 à altitude 0 côte est, pour atteindre 800 mètres d'altitude, avant de redescendre vers la côte ouest.

La randonnée démarre en suivant une piste de 4x4 dans une forêt de pins. Paysage surprenant, nous avions l'impression de marcher dans les forêts pyrénéennes ! Il s'agit du pin des caraïbes introduit dans les années 70 avec le lancement de la politique forestière du territoire. Le programme envisageait de limiter l'importation de bois de construction ... sauf que les scieries n'ont pas été construite. Aujourd'hui, il est considéré comme une espèce intrusive. 



La piste devient plus étroite jusqu'à n'être plus qu'un passage, un sentier, toujours non balisé. La végétation est dense. Plus nous poursuivons notre ascension, plus nous apercevons le ciel : la végétation devient plus rase. Nous passons de cours passages cordés, et la pluie fait son apparition sans que l'on puisse s'abriter sous un arbre, puisqu'il n'y en a plus ! Nous sommes littéralement trempés en moins de 15 secondes ! Nous voilà à 300 mètres d'altitude, la vue se dégage, le vent est présent, ce qui associé à la température nous sèche en l'espèce de 10 minutes. Sauf qu'une seconde averse nous trempera de nouveau. Des seaux d'eau. Il peut y avoir de 4 à 5 mètres de précipitation par an sur ce plateau. Imaginez ... 

Trempés comme vous pouvez voir le short de Rémi !
Nous voilà au cœur d'une végétation de landes arbustive de moins d'un mètre, faites de petit pandanus (arbre dont les feuilles permettent la confection de sac ou chapeau notamment). Le soleil fait son retour grâce au vent qui a chassé les nuages. Nous atteignons quasiment en même temps le haut du plateau pour pique-niquer ! Nous enfilons des pulls parce que nous n'avons pas chaud ! Si l'on considère que l'on perd 1° tous les 100 mètres, ça fait déjà -8°c et le vent aidant nous avons facilement perdu au ressenti 10°c, il y a de quoi ne pas avoir chaud (et en plus nous étions encore mouillé à côté des trombes d'eau).

En haut du plateau

En haut du plateau : vue sur Tahaa. Pas mal comme vue pour pique-niquer !

Les pulls sont de rigueurs et nous n'avons pas chaud du tout !


Vue sur Tahaa et Bora Bora au fond à gauche


Puis lorsque nous nous remettons en marche les nuages disparaissent ... Voyez la différence, les couleurs ressortent davantage. Le vert, les nuances de bleu dans le lagon ... nous apprécions le spectacle !





Nous redescendons donc doucement, vers la côte ouest cette fois-ci. Nous faisons un arrêt pour découvrir une fleur endémique : la tiare apetahi (tiare qui veut dire fleur) emblème de Raiatea et qui ne peux pousser que sur le plateau (en raison du type de sol et du climat difficile sur ce plateau : vent/pluie).  Il n'existe malheureusement plus beaucoup de plants. Les recherches entreprises depuis 10 ans dessus ont permis d'en réintroduire quelques pieds. Toutefois, il faut savoir que l'arbuste sur lequel nous trouvons la tiare, ne pousse que de 1 centimètre par an ! Autant dire que les jeunes plants sont observés régulièrement par les botanistes. 

La tiare Apetahi
La particularité de cette fleur s'est sa forme : une demi fleur à 5 pétales. Il faut savoir qu'en Polynésie il existe bon nombre de légendes rattachés à la mythologie, pour expliqué tout ce qui nous entoure : fleur, noix de coco, relief, île... La tiare Apetahi n'y échappe pas : Après une dispute avec son mari, Apetahi décide d'aller sur le Mont Temehani. Elle pense à la mort. Elle se coupe un bras et le plante. Elle se vide de son sang et décède. Quelque temps plus tard est apparue une fleur à 5 pétales, toutes du même côté, on compris alors que c'était la main d'Apetahi. On appellera alors la fleur : Tiare Apetahi.

Lors de la descente

Une petite dernière (avec le soleil de face pas évident) et voilà Bora Bora devant nous ...
Finalement après 17-18 kilomètres de marche, nous arriveront vers 16h à altitude 0 côte ouest où un 4x4 nous attends pour nous amener au port où nos bagages nous attendent aussi, afin d'embarquer direction Tahaa pour la seconde partie de notre voyage. Nous avons une fois de plus appris des milliers de choses, vu de très beaux panoramas lors de cette journée !

lundi 13 octobre 2014

Raiatea : Uturoa et le Mont Tapioi

Uturoa, est la principale ville de Raiatea. C'est également le chef lieu administratif des îles Sous-le-Vent (Raiatea, Tahaa, Huahine, Bora Bora et Maupiti). Elle est devenue au fil du temps le deuxième pole urbain et commercial de Polynésie. 


Elle est d'aspect colonial ce qui ne surprend pas tellement. Ici comme dans toutes les villes en Polynésie, à partir du samedi midi, la ville est désertique (même phénomène à Papeete, où les magasins ont les volets clos !). 

La rue principale
Rémi nous a caché ça ?
Uturoa dispose du seul supermarché de l'île. Vous trouverez de tout ! Ailleurs, il s'agit d'épiceries où vous ne trouvez pas tout ce que vous cherchez précisément ou bien des produits inconnus ! Encore une fois on s'adapte !

Le centre ville : le centre ville et le Mont Tapioi au fond, où nous irons
Au centre-ville se trouve un marché couvert. En principe au rez-de-chaussée vous y trouvez des étals de fruits et de légumes, et à l'étage l'artisanat. Lorsque nous y sommes passés l'étage était fermé et au rez-de-chaussée, seuls deux marchands étaient présents. Nous n'avons fait que passé. A priori, les matins pendant le weekend c'est très animé : chants accompagnés des ukulélés, danses et on y croise les Polynésiennes avec leur tenue si colorée avec une couronne de fleurs...A refaire !


Le marché couvert
En face, le quai ! D'un côté, le port de commerce où nous sommes arrivés en cargo, au centre, les navettes reliant Tahaa qui est a 3 kilomètres et qui est dépourvu d'aéroport, et de l'autre côté une grande marina. Les quais d'Uturoa sont très animés : "voilier" de croisières, paquebots, pêcheurs et les navettes se croisent. Le matin et le soir, nous croisons bon nombre de personnes habitant sur Tahaa dont beaucoup d'élèves. D'ailleurs, lorsque nous avons quitté Raiatea pour Tahaa, nous avons pris la navette de 17h, celle où les collégiens/lycéens prennent pour rentrer sur Tahaa, il était facilement une 40ène ! Lycée / bateau / dodo ! Un rythme à prendre.

Le quai avec au fond Tahaa
Une des trois marinas
A Uturoa, on trouve de tout : écoles de la maternelle au lycée. D'ailleurs toutes les îles des alentours ne disposent pas forcément de collège et encore moins de lycée. Seul Raiatea dispose d'un collège/lycée en internat. Les élèves rentrent chez eux a priori toutes les 5 semaines (vacances), sauf pour ceux vivant sur Tahaa et ceux dont les parents ont les moyens de les faire revenir plus régulièrement sur leurs îles. Gendarmerie, banques, boutiques, pharmacie, papeterie, restaurants il y a absolument tout même un centre de détention.

La ville est blotti au pied du mont Tapioi (300 mètres) où l'on trouve par ailleurs les pylônes de relais de télévision. Nous avons décidés d'y aller. 45 minutes de marche depuis la ville. Nous empruntons une piste carrossable et de là-haut une vue splendide sur Tahaa et le lagon commun aux deux îles nous attend. 

Pour une fois qu'il n'est pas écrit TABU (interdit).
Vue sur le centre ville d'Uturoa
Vue sur Tahaa : grandiose !




NB : Toutes les petites informations et anecdotes que vous trouverez sur le blog, soit nous les avons vécus et ou découverts par nous même les choses, soit en posant des questions aux Polynésiens (et bien souvent se sont eux - sans leur avoir demandé - qui nous raconte un tas de choses) qui nous ont ensuite expliqué comme c'est le cas ici pour l'internat.

dimanche 12 octobre 2014

Raiatea : la découvert de l'île sacrée

Après notre arrivée au port d'Uturoa, principale ville de Raiatea, à 4h du matin, nous avons attendu que le propriétaire de la pension où nous logions vienne nous récupérer.

Nous avons pris nos marques dans notre pension et fait quelques courses dans une épicerie afin de remplir le frigo pour les quelques jours sur l'île, nous avons appelé une agence de location de scooter afin de pouvoir visiter l'île à notre guise, car ici comme partout ailleurs sur les îles, des prestataires proposent des tours d'îles en 4x4 à la demie ou journée complète. 

Une route goudronnée fait le tour de l'île (99 km de route, c'est donc la 2ème île de Polynésie en terme de superficie après Tahiti).

La première impression que l'on a eue était la bonne, c'est une île tout à fait sauvage et d'un calme absolu ! On peut y compter le nombre de voiture rencontré sur les deux mains mais a chaque rencontre de voitures, scooters ou cyclistes, et même devant les farés (maison), nous avons toujours eu droit à de grands signes de la main. Le salue polynésiens, le plaisir de dire bonjour à tout le monde, ils sont comme ça ici. Qu'ils nous connaissent ou non ils nous considèrent de la même manière. C'est doux et paisible à la fois : moments qu'on ne peut qu'apprécier.


Le paysage dès que l'on sort d'Uturoa révèle tout son charme, malgré pour nous un temps plutôt mitigé, où les nuages s'accrochaient au sommet des montagnes.


Seules les lignes électriques nous rappellent parfois que Raiatea est habitée (12 000 habitants). Ici, on est bien loin du luxe, du tourisme haut de gamme, alors même que l'on est à 40 kilomètres de Bora-Bora. Pas de grands hôtels, mais de petits établissements et pensions de famille avec un accueil toujours aussi fidèle à la réputation polynésienne.

On ne vient pas à Raiatea pour ses plages, car il n'y en a pas, a moins de prendre un bateau et d'aller sur un motu (îlots).

Un des motus que l'on trouve dans le lagon de Raiatea
Ce tour de l'île nous a offert l'occasion de s’imprégner de l’atmosphère paisible. Ici les montagnes plongent presque dans le lagon. Les versants sont abrupts et des pains de sucre s'élancent dans le ciel.


Une végétation dense et luxuriante, un paysage fabuleux sur les montagnes et leurs versants surtout dans la partie sud de l'île où les habitations se font plus rares. Nous distinguons au fil des kilomètres des versants rocheux avec de nombreuses zébrures dans les parois :  les cascades lors des pluies doivent être très nombreuses et surtout splendides !

Des zébrures un peu partout : mille cascades doivent apparaître par pluie
Ci et là de petites anses aux eaux calmes et des hameaux donnant des airs d'antan, des airs de bout du monde, où rien ne peut venir contrarier leur vie. Un environnement naturel, soigné et préservé par ses habitants attachés à leur patrimoine culturel.

Petit moment les pieds dans l'eau
Tous les bateaux sont ici suspendus
De temps à autre, en bordure de l'océan, nous apercevons des séchoirs à coprah (qui donnera lieu à un prochain article) exposé en plein soleil, et qui laissent s'échapper une forte odeur de noix de coco (entre nous, nous n'avons pas trouvé cela agréable !).

Quand on parle de Raiatea, on en parle comme étant "Raiatea la sacrée". L'île est située au centre du triangle Nouvelle-Zélande, Île de Pâques et Hawaï. On dit par ailleurs que c'est depuis Raiatea que serait partie la culture maori à travers le Pacifique et même que le surf serait né ici puis ensuite exporté vers Hawaï.

Raiatea la sacrée aussi et surtout avec le marae Taputapuatea. Pour rappel, un marae est un lieu de culte, sacré et est destiné à la célébration des rites. On y honore et invoque des dieux, intronise des chefs, prépare la guerre ou présente des offrandes. 

Il existe deux types de marae :
  • marae familiaux où l'on y célèbre les événements du clan (naissance et décès),
  • marae royaux, tel que celui-ci.


Ce marae est le plus grand (3 hectare) et le plus sacré de la Polynésie. Il est le seul marae international : des chefs maoris venant de l'Archipel de la Société, Tuamotu, Marquises, des îles Cook et même de Nouvelle-Zélande, y venaient.

Il est consacré au culte d'Oro, le Dieu de la guerre. Il joue un rôle capital dans la religion polynésienne car lorsqu'un marae était construit sur une île voisine, on devait y incorporer une pierre du marae Taputapuatea à titre d'allégeance et afin d'avoir un peu de son mana (puissance spirituelle en Polynésien).

Marae Taputapuatea
Nous avons pique-niquer a proximité du marae, sur une "plage" artificiel. Il ne s'agit pas de sable mais de graviers.

"Plage" où nous avons déjeuner.
Puis nous avons doucement regagné la pension en faisant quelques haltes en bord de route, pour se reposer. 



Nous avons dîner très tôt et à 19h30 nous étions au lit, prêts à nous endormir, après des heures de sommeil en moins la nuit précédente et cette première belle et longue journée de découverte sur Raiatea.

mardi 7 octobre 2014

Merci !

Petite parenthèse dans notre escapade sur Raiatea, pour vous remercier.

Un grand merci a nos proches d'avoir pris le temps de nous glisser quelques mots avec l'envoi de plusieurs cartes postales avec vos petits mots, d'Irlande, du Nord Pas de Calais, en passant par les Pyrénées Orientales, et par la Costa del Sol en Andalousie !

Cela n'est peut-être pas grand chose pour certains, mais pour nous ça compte énormément. Ces instants-là : découvrir une enveloppe, reconnaître les écritures, des petits mots simples et des instants inattendus.

C'est un sentiment très fort de vous savoir là, pas très loin, à nos côtés.


Il existe tellement de petites pépites sur Terre. Des petits bouts de paradis, tellement doux et tellement beaux.

Nous espérons tous les deux que nous arrivons à vous faire découvrir les lieux avec autant d'émotions et de plaisirs que nous avons eus à les arpenter. 


Une dernière fois, MERCI !

lundi 6 octobre 2014

Départ pour Raiatea : le voyage

Avant de vous expliquer notre voyage vers Raiatea, petit cours de géographie histoire que vous puissiez situer l'île dans la Polynésie française.

L'île de Raitaea est située dans l'archipel de la Société, le même donc que Tahiti et Bora Bora pour ne citer que celles-là. Elle fait partie des îles sous le vent et est située à un peu moins de 200 kilomètres de Tahiti.

Raiatea et Tahaa, au centre de l'archipel de la Société
NB : Les seules îles que l'on peut visiter dans l'archipel sont ici en jaune.

Très tôt nous avons eu envie d'aller visiter cette île et sa petite sœur Taha'a. Les prix des billets d'avion nous ont rebuté (compter un peu moins de 600 euros pour deux). L'autre solution : le bateau !

Quelques voiliers, catamarans et les fameux paquebots géants des mers relient les îles de l'archipel. Malgré tout ça ne nous attirait pas. Trop difficile ? Non, bien au contraire. Nous voulions juste quelque chose de moins luxueux, plus simple, plus exotique, plus local, finalement qui nous ressemble ! Ainsi notre choix s'est porté sur ... un cargo !

Oui vous savez les bateaux chargeant du fret, ceux avec conteneurs et cie. On est bien loin des beaux voiliers n'est ce pas ? Toutefois le voyage en cargo ne s'improvise pas !

Sur le bateau choisi, l'Hawaiki nui, qui dessert Huahine, Raiatea, Tahaa et Bora Bora, il n'y a que 12 places pour les passagers et il faut réserver longtemps à l'avance. Nous avons réservé nos billets 1 mois avant le départ en s'assurant au préalable qu'il y avait bien de la place pour le retour, en appelant à Taha'a.

A aucun moment nous n'avons hésité : cabine ou pont ? Alors à votre avis ? Bien sur, nous avons opté pour le pont ! Autant jouer la carte de l'aventure jusqu'au bout !

Nos billets !
Observés le tarif de nos billets ... 2000 franc pacifique par personne ... soit environ 17 euros par personne le trajet quelques soit l'arrêt : Huahine ou Bora Bora par exemple, c'est le même tarif !

Notre cargo qui dans sa précédente vie était dans les eaux froides de Saint-Pierre et Miquelon


Matelas gonflables (on oublie pas que sur le pont on dort à même le sol), sac de couchage (on a beau être en Polynésie, en mer, l'air, le vent vous refroidissent et finalement nous avons bien apprécié de les avoir avec nous !) repas pour le bateau et nos affaires pour la durée de notre séjour.

Notre coin nuit !
Nous avons pris un médicament contre le mal de mer au cas où.

Nous étions heureux de vivre cette nouvelle expérience et d'assister au travail de ces marins et des dockers qui s'affairaient a remplir le cargo de marchandises avec leurs clarks. Toute la logistique mise en place derrière pour approvisionner les îles en matières premières, périssables, véhicules etc...



Poste de pilotage

Au revoir Tahiti
Entre Tahiti et Moorea

Nous nous sommes répétés plusieurs fois, histoire de bien en prendre conscience, que l'on est en plein milieu du Pacifique sur un cargo en train d'observer un ciel étoilé noir comme l’ébène, comme rarement nous l'observons puisqu'il y a toujours une pollution lumineuse ... mais là non, rien, l'océan et c'est tout !

Le voyage s'est bien passé, bien que mouvementé ! En effet, assis nous pouvions voir la mer, puis le ciel, puis de nouveau la mer ! Oui ! Le roulis était là, sans compter la houle, le bateau pivotait à droite/gauche mais également d'avant en arrière ! Allongés, nous bougions ... mais nous n'avons pas été malade !

La pluie est venue nous taquiner un petit peu mais rien de méchant.

Après 11h de navigation (et peu de sommeil), nous sommes arrivés à Raiatea à 4h du matin (et non Tahaa comme précisé sur le billet).